La logistique alimentaire
en circuits courts

Quelques éléments pour mieux comprendre

La logistique, c'est quoi ?

C'est l'ensemble des opérations de coordination pour le transfert de flux depuis le lieu de production/conception/préparation jusqu’au lieu de consommation (Raton, RMT Alimentation Locale, 2020).

Par flux, on entend flux matériels, informationnels et financiers.

Quel est son objectif ?

Son objectif est d'acheminer le bon produit au bon endroit au bon moment, à coûts maîtrisés et dans les quantités souhaitées. Elle comporte les dimensions tant opérationnelles que stratégiques.

Et pour les fermes, ça implique quoi ?

Les fermes qui vendent leurs produits en circuits courts doivent réaliser, gérer et planifier un nombre plus ou moins grand de tâches logistiques et de transport, en plus des activités de production. Il s’agit presque d’un second métier avec de nouvelles compétences à acquérir, notamment :

  • en conditionnement et entreposage des produits
  • en gestion de commande, de livraison
  • ou encore de facturation.

La logistique, c'est...

Des infrastructures
Un métier
L'organisation des flux matériels, financiers et d'informations
Des activités de manutentions minutieusement planifiées

La chaîne d’approvisionnement alimentaire

Appliquée à la chaîne d’approvisionnement alimentaire, les segments et activités logistiques sont :

flux d'informations, physiques, et financiers
Planification
en amont
  • Planification des approvisionnements, des livraisons et des retours
  • Création et diffusion du catalogue de produits et de leurs disponibilités
  • Réception des commandes
Production et
Transformation
  • Réception des produits
  • Transport pour la transformation
  • Conditionnement et étiquetage
  • Entreposage
  • Gestion des véhicules
Distribution
  • Préparation des commandes
  • Chargement et déchargement
  • Livraison
  • Émission d'un bon de livraison
Gestion post- distribution
  • Retours des invendus
  • Gestion et tri des déchets et emballages
  • Nettoyage des contenants et des équipements
  • Facturation

Quelques constats :

  • La logistique ne se limite pas au transport et à la distribution du dernier kilomètre.
  • La logistique ne se limite pas non plus aux flux de marchandises.
  • Elle se caractérise par une fragmentation des flux: petits volumes, multiplicité et éparpillement des lieux de production, diversité des produits.
  • On constate trop souvent un manque de compétences, cette activité étant vu comme secondaire, ou un manque de moyens avec peu d’investissement et d’accompagnement.

Quelques enjeux :

  • Complexité à diminuer les coûts
  • Les standards existants de conditionnement, de qualité et de traçabilité ne s’appliquent qu’aux circuits longs ayant des moyens et des attentes différents
  • Répartition des rôles et des responsabilites : qui devrait être en charge des activités de logistique? Comment se répartir les tâches et donc les risques?

Des infrastructures numériques pour optimiser les flux logistiques

Le terme d’infrastructure numérique fait référence aux plateformes et interfaces développées pour la gestion des flux d’informations, et indirectement les flux financiers et matériels.

Ces fonctionnalités courantes sont :

  • la planification des achats
  • l’analyse des volumes achetés, vendus, perdus
  • la gestion d’inventaire
  • la gestion de la clientèle et de ses fournisseurs, dont la facturation et le paiement
  • la planification de livraison, avec optimisation de route

Moins couramment, une infrastructure numérique peut aussi faciliter le fonctionnement en réseau de plusieurs entités (ex: réseau de pôles régionaux) et assurer un gain d’efficience.

Rôle du SALIM dans la logistique alimentaire

Le SALIM a pour mission de renforcer le réseau d'approvisionnement des organismes communautaires alimentaires à Montréal, tout en améliorant l'accès aux marchés pour les producteur.trice.s locaux.ales, par le biais d'un réseau d'infrastructures physiques et numériques. Son rôle pour la logistique alimentaire à Montréal est de :

  • Optimiser les flux matériels, informationnels et financiers pour bénéficier l’ensemble des acteurs de l'écosystème grâce à :
    • la mise en place d’infrastructures physiques et numériques adaptées aux besoins de terrain
    • l’accompagnement des acteurs pour un gain d’efficience (développement d’outils, structuration des coûts)
  • Favoriser les expérimentations collectives pour l’identification et l'évaluation de solutions logistiques:
  • Structurer une communauté logistique alimentaire pour l'écosystème montréalais
    • Stimuler l'échange, la collecte et le transfert de connaissances tout en développant des liens avec d’autres instances montréalaises travaillant sur les systèmes alimentaires ou la logistique alimentaire
    • S’assurer de prendre en compte tous les segments et activités de la logistique alimentaire de proximité
    • Elaborer et partager des outils communs et des bonnes pratiques communes (ex: partage du risque, planification des volumes de ventes, développement de nouveaux canaux de commercialisation etc.)
    • Définir les priorités collectives et leurs pistes d’actions nécessaires (impliquer les collectivités, étudier les pratiques des acteurs inspirants, etc.)

Pour continuer la lecture :

Fiche pratique pour les restaurateur.trice.s et producteur.trice.s : Atténuer les contraintes logistiques de l’approvisionnement

Créer un pôle logistique alimentaire : 7 bonnes pratiques

Pour plus de renseignement sur le SALIM ou la logistique alimentaire  : julie@recolte.ca

Cette fiche d'information a été créée dans le cadre du projet SALIM, une initiative de Montréal en commun, portée par Collectif Récolte.